Téléphoner au volant, que ce soit avec une oreillette, en haut parleur ou à la main, multiplie par 3 le risque d'accidents. En plus d'être une pratique dangereuse pour soi et les autres automobilistes, c'est également de plus en plus sévèrement puni par la loi.

Les dangers du téléphone au volant

1 accident sur 10 est dû à l'usage d'un téléphone portable au volant, et 16% des accidents mortels sur autoroute y sont liés. Le moment le plus risqué est lorsque le conducteur décroche son téléphone, son attention diminue alors drastiquement et ses yeux ne sont plus fixés sur la route. Même si cela ne dure qu'une seconde le risque est réel, à 50 km/h on parcourt 14 mètres en seulement une seconde.

En téléphonant, le temps de réaction de l'automobiliste est plus long, et sa distance de freinage est réduite, ce qui peut être très dangereux. L'automobiliste en pleine conversation téléphonique pense moins à regarder dans ses rétroviseurs, sur les côtés, la signalisation. Il se retrouve bien plus souvent à franchir la ligne médiane, avec un véhicule qui tend à zigzaguer.

L'envoi de SMS, de mail, l'écoute de musique, la prise de photos, la consultation d'applications ou de sites Internet sont encore plus dangereux car cela monopolise l'attention et l'audition du conducteur.

En cas d'appel il vaut donc mieux se garer et rappeler son correspondant. Pour ne pas être tenté de décrocher, activez le mode silencieux ou avion de votre téléphone.

Ce que dit la loi sur le téléphone au volant

Depuis 2003, l'usage d'un téléphone portable tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation est interdit, selon l'article R412-6-1 du Code de la Route, et est soumis à verbalisation.

De même, si la voiture est à l'arrêt à un feu rouge, y compris moteur éteint, l'usage du téléphone reste interdit, selon un arrêt de la Cour de cassation du 2 février 2018. Pour pouvoir utiliser un téléphone en voiture le véhicule doit être garé sur une place de stationnement ou sur une bande d'arrêt d'urgence en cas de panne.

Le cas des oreillettes et kit mains libres au volant

Depuis 2015, les oreillettes, écouteurs, kit mains libres et casques sont également interdits, et cela concerne tous les types de véhicules à 2, 3 ou 4 roues.

Les seuls systèmes tolérés sont ceux Bluetooth intégrés aux véhicules ou casques de moto, mais aussi les appareils pour malentendants, pour la formation à la conduite sur un deux-roues motorisé ou pour les véhicules d'urgence.

Les sanctions en cas d'usage du téléphone au volant

En cas de contrôle et de constatation de téléphone au volant, même à l'arrêt, vous encourez une contravention de 4ème classe, comprenant :

Si vous êtes un jeune conducteur en permis probatoire, vous devrez suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière pour récupérer vos points permis de conduire et vous faire rembourser l'amende forfaitaire. Vous recevrez une lettre 48N recommandée avec accusé de réception vous informant de votre retrait de points et de l'obligation de suivre un stage. Vous devrez y assister sous 4 mois à compter de la date de réception de la lettre.

En revanche, à vélo la contravention ne se comporte que d'une amende de 135 euros.

Comment contester une amende pour téléphone au volant ?

Si vous avez reçu une contravention pour avoir téléphoné au volant vous pouvez la contester. Cette procédure est complexe car bien souvent les agents des forces de l'ordre ont constaté l'infraction. Une possibilité est de préciser aux agents lors de l'interpellation que l'objet que vous tenez dans vos mains n'est pas un téléphone mais autre chose, si vous pouvez le prouver. C'est alors aux agents de prouver qu'il s'agit là bien d'un téléphone.

Pour avoir plus de chances de contester votre amende, vous pouvez prendre contact avec un avocat expert en circulation routière. Ce professionnel pourra vous conseiller sur la marche à suivre, régulariser la réclamation, et vous assister ou vous représenter devant la juridiction pour obtenir votre relaxe.


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